51 - Marie-Josée Pérec
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La reine du sprint français
Bienvenue sur QUARE, le podcast éducatif pour les familles. Aujourd’hui, dans la catégorie Sport, l’épisode est consacré à Marie-Josée Pérec.
Qui est Marie-Josée Pérec ?
Marie-Josée Pérec, c’est la plus grande athlète française de l’histoire. Elle est née en 1968 à Basse-Terre, en Guadeloupe, une île française des Antilles. Sprinteuse hors pair, elle a dominé le 200 mètres et le 400 mètres avec une aisance et une classe qui l’ont rendue légendaire. En France, on l’appelle simplement «La Gazelle ».
Elle a grandi en Guadeloupe ?
Oui, jusqu’à ses 15 ans. Elle y menait une vie simple, loin du monde de la compétition. C’est son professeur d’EPS qui a alerté les entraîneurs sur ses capacités exceptionnelles. Elle est alors partie seule en métropole pour intégrer un pôle sportif à Rouen, loin de sa famille. Ce déracinement a été difficile, mais elle a tenu grâce à une volonté de fer.
Elle a commencé directement par le 400 mètres ?
Non, elle a d’abord couru le 100 et le 200 mètres. Mais très vite, ses entraîneurs ont vu qu’elle avait une endurance et une puissance idéales pour le 400 mètres. Cette distance exige à la fois la vitesse du sprinteur et la résistance du demi-fondeur. Elle a fait le choix courageux de se spécialiser sur cette distance et ce fut le bon.
Quel est son palmarès ?
Il est exceptionnel. Elle est triple championne olympique : elle remporte le 400 mètres à Barcelone en 1992, puis réalise un exploit historique à Atlanta en 1996 en remportant le 200 mètres et le 400 mètres lors de la même olympiade — un doublé que seule l’Américaine Valerie Brisco-Hooks avait réalisé avant elle, en 1984. Elle est également double championne du monde (400 m en 1991 et 1995) et double championne d’Europe (400 m et relais 4×400 m en 1994).
Courait-elle aussi des 400 mètres haies ? C’est une discipline différente, non ?
Absolument ! Le 400 mètres haies est l’une des épreuves les plus exigeantes de l’athlétisme. Marie-Josée Pérec s’y est essayée avec sérieux : en 1995, elle s’était fixé l’objectif de doubler 400 m plat et 400 m haies aux Championnats du monde de Göteborg. Mais arrivée blessée en Suède, elle a dû y renoncer. Ce qui est remarquable, c’est qu’elle battait régulièrement le record de France sur cette discipline lors des meetings, sans jamais avoir pu se consacrer pleinement à son apprentissage.
Quelles qualités lui ont permis de réussir ?
Sa morphologie d’abord : grande (1m79), longiligne, avec des jambes immenses, elle avait une foulée naturellement ample et économique. Mais au-delà du physique, c’est sa capacité à gérer l’effort sur 400 mètres qui impressionnait. Elle savait exactement quand accélérer et comment ne pas s’effondrer dans les cinquante derniers mètres, là où les autres s’écroulaient.
Elle avait des rivales ?
Oui. Sa principale rivale sur 400 mètres était la Jamaïcaine Merlene Ottey, puis l’Australienne Cathy Freeman, qui était aussi l’une de ses grandes amies. Aux JO d’Atlanta, leur finale du 400 mètres est restée dans les mémoires : Pérec a triomphé avec une autorité impressionnante.
Qui l’a inspirée ?
Elle citait souvent la Jamaïcaine Merlene Ottey, qu’elle admirait pour son élégance et sa longévité. Elle était aussi très inspirée par Carl Lewis, le grand sprinteur américain, pour son port, sa technique et sa manière d’aborder la compétition avec sérénité.
Elle a connu des moments difficiles ?
Oui. Marie-Josée Pérec était connue pour être très sensible et peu à l’aise avec la pression médiatique. Elle a eu plusieurs périodes de doutes, de blessures, et souffrait parfois d’une grande anxiété avant les grandes compétitions. Ces fragilités humaines contrastaient avec sa puissance sur la piste et la rendaient encore plus attachante au public.
Tu as un exemple précis ?
Les Jeux de Sydney 2000 restent l’un des épisodes les plus mystérieux de sa carrière. Attendue en Australie pour défendre ses titres, elle quitte brusquement Sydney la veille des compétitions en invoquant des problèmes de sécurité et de harcèlement. Elle ne s’est jamais vraiment expliquée entièrement sur cet épisode. La presse australienne l’avait mis sous une pression considérable, exacerbée par la rivalité avec leur championne nationale Cathy Freeman. Beaucoup ont pensé que la pression psychologique avait été trop forte.
Ses détracteurs lui reprochaient quoi ?
Justement, cette fuite de Sydney lui a longtemps été reprochée. Certains disaient qu’elle avait « abandonné », qu’elle n’avait pas le profil d’une grande championne mentalement. D’autres lui reprochaient d’être trop distante, trop réservée, peu accessible aux médias. Mais ceux qui la connaissaient savaient que cette discrétion était simplement une protection face à un monde médiatique parfois impitoyable.
Elle a fait autre chose que de l’athlétisme ?
Après sa retraite sportive, elle s’est installée à Los Angeles, où elle a mené une vie discrète. Elle est revenue sous les feux des projecteurs lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, où elle a eu le privilège d’allumer la flamme olympique aux côtés du judoka Teddy Riner, lors de la cérémonie d’ouverture. Un moment émouvant qui lui a valu une ovation du public français.
Tu peux me raconter une anecdote amusante sur elle ?
Bien sûr ! Lors des Jeux d’Atlanta en 1996, Marie-Josée Pérec a couru le 400 mètres en 48 secondes 25. C’est un temps tellement exceptionnel qu’il est resté le record olympique pendant 28 ans, jusqu’aux Jeux de Paris 2024. Ce soir-là, une journaliste lui a demandé ce qu’elle allait faire pour fêter sa victoire. Elle a répondu, très sérieusement : « Dormir. » Après deux courses épuisantes en moins de 72 heures, c’était probablement la meilleure réponse possible !
Allez une petite question pour voir si vous avez bien suivi cet épisode sur Marie-Josée Pérec !
Combien de médailles d’or olympiques Marie-Josée Pérec a-t-elle remportées ?
A – 1
B – 2
C – 3
Bien joué, c’était la réponse C. Marie-Josée Pérec a remporté 3 médailles d’or olympiques : le 400 mètres à Barcelone 1992, puis le 200 mètres et le 400 mètres à Atlanta 1996.

